mardi 24 novembre 2009
Paroles de femmes
Ce n'est pas un scoop, mais c'est l'occasion de faire parler d'un sujet difficile, la violence familiale envers les femmes.
Vous pouvez donc voir le clip de Junajah ici
Lire son texte là
Vous renseigner sur l'association paroles de femmes par là
Sur les campagnes d'Amnistie internationale en faveur des droits des femmes
Et j'en profite pour vous rappeler l'existence d'un recueil de nouvelles sous la direction de Charlotte Bousquet, paru aux éditions Cendre De Sphinx, dans la collection Pueblo. L (c'est le titre) est un soutien à l'association Aurore et la maison coeur de femme
Vous pouvez zieuter les infos ici, sur le site de l'éditeur
jeudi 30 octobre 2008
Toi, quand tu viendras, permets-toi la tendresse
donnes-nous le sens des chaînes rompues
réponds au désir et rends la cendre à la terre
que les morts puissent reposer en paix
Vladimir Krivanek
dimanche 19 octobre 2008
Fumée penchée
J'entends le vol vain et bref
d'oies au-dessus des froides prairies.
Quelque part un chant s'imprègne
de funèbres prières.
Une flûte tarit, nulle autre ne reprend.
A la vie je ne dois aucune pensée
mais je lui dois ma vie entière.
Souvent à l'arrêt
j'aperçois des voûtes effondrées au fond des eaux.
J'émerge des ramures du village
comme d'un campement biblique.
Alléluia, aujourd'hui plus que jamais
je suis le frère fatigué
du ciel d'en bas
et de la fumée tombée de l'âtre.
Lucian Blaga, trad. Sanda Stolojan, L'étoile la plus triste, Ed. La différence/Orphée
mercredi 24 septembre 2008
un peu de poésie...
pour vous souhaiter un bel automne, généreux, et en hommage à ce fruit de saison que j'aime tant...
La figue est une pauvre gourde à l'intérieur de laquelle (au coeur de laquelle, la remplissant toute) luit un autel scintillant.
La figue est molle et rare (?). Phrase donnée automatiquement.
Dans l'intérieur de la figue, qui est une molle gourde, comme une pauvre gourde, comme une église de campagne, luit un autel scintillant.
Voilà déjà qui fait assez espagnol (rouge et or).
Cette pauvre gourde est comme une petite église de la campagne espagnole.
Il mordait à pleines dents dans une bourse molle, pleine d'une confiture épaisse dilapidant son grain. (...)
Francis Ponge Comment une figue de parole et pourquoi (GF Flammarion)
lundi 7 juillet 2008
Aniara - Une odyssée de l'espacePOésie
(...)
Qu'il est difficile pour l'être humain de ressentir le vrai
sous la forme d'une passion naturelle à réaliser.
Difficile de savoir très tôt les chemins à emprunter.
Difficile de se tenir près de l'autel et de prêcher,
implorant un dieu dont nous ignorons les lois
si ce n'est le fait qu'il éprouve du tourment
devant ce qui ne le satisfait pas entièrement.
Difficile de concilier la foi et les jours de la vie.
Difficile de saisir la doctrine divine du sacrifice.
Difficile de ne pas penser en son for intérieur :
n'a-t-il pas déjà coulé assez de sang sacrificiel
et pourquoi les bourreaux ne sont-ils pas ailleurs ?
Difficile de ne pas penser en son for intérieur.
Harry Martinson
Poème transposé du suédois par Philippe Bouquet et Björn Larsson
Editions Agone
mercredi 25 juin 2008
Samedi
Je range la salle de séjour
Rien
Sauf quelques débordements légers vers le cosmos
Je passe
A la chambre
Rien
Que l'éternité rien d'autre
Je range le cellier
Rien
Rien
Voici l'appartement rangé
Nom de Dieu
Petr Hruska
trad. Petr Kral in Anthologie de la poésie tchèque contemporaine, gallimard
samedi 14 juin 2008
Une spirale ascendante
La vie continue à marcher sur ses propres pas sans jamais se répéter car elle avance en spirale ascendante et laissera au plus haut sa trace nonpareille. Pour le moment seuls les nuages jaillissent de là pour qu'elle n'oublie jamais, ni aucun voyageur, que la poésie prend sa source au ciel...
Nikolaï Kantchev Childe Harold beaucoup plus tard, traduit du bulgare par Denitza Bantcheva, éd. du Revif (editionsdurevif@yahoo.fr)
dimanche 18 mai 2008
Ma coupe de saké -----
je la dépose un instant
au coeur des pivoines
Kobayashi Issa
jeudi 17 avril 2008
C'est moi qui chante d'une voix prise encore dans le balbutiement des éléments. Il est doux d'être un morceau de bois un bouchon une goutte d'eau dans les eaux torrentielles de la fin et du recommencement. Il est doux de s'assoupir au coeur brisé des choses. Je n'ai plus aucune espèce de soif. Mon épée faite d'un sourire de dents de requin devient terriblement inutile. Ma masse d'armes est très visiblement hors de saison et hors de jeu. La pluie tombe. C'est un croisement de gravats, c'est un incroyable arrimage de l'invisible par des liens de toute qualité, c'est une ramure de syphilis, c'est le diagramme d'une saoulerie à l'eau-de-vie, c'est un complot de cuscutes, c'est la tête du cauchemar fichée sur la pointe de lance d'une foule en délire.
J'avance jusqu'à la région des lacs bleus. J'avance jusqu'à la région des solfatares
j'avance jusqu'à ma bouche cratériforme vers laquelle ai-je assez peiné ? Qu'ai-je à jeter ? Tout ma foi tout. Je suis tout nu. J'ai tout jeté. Ma généalogie. Ma veuve. Mes compagnons. J'attends le bouillonnement. J'attends le coup d'aile du grand albatros séminal qui doit faire de moi un homme nouveau. J'attends l'immense tape, le soufflet vertigineux qui me sacrera chevalier d'un ordre plutonien.
Aimé Césaire
Aux écluses du vide
Soleil cou coupé
Cadastre
Paix à sa mémoire
dimanche 16 mars 2008
La cloche se tait ---
les fleurs en écho
parfument le soir !
Matsuo Bashô



